La philosophie s’intéresse à ce que l’on appelle parfois les « questions existentielles », alliant des réflexions sur la moralité (« Pourquoi les choses sont-elles bonnes ou mauvaises ? »), les certitudes (« Comment savoir si le monde extérieur est vrai et non une simple construction de mon esprit? »), la nature de l’existence humaine (« Sommes-nous notre cerveau? Avons-nous une âme ? ») et celle de la réalité (« De quoi se constitue le réel ? Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ?»).

 

         La religion se pose de nombreuses questions similaires, mais, bien qu’elle en partage beaucoup avec la philosophie, les deux approches diffèrent quant aux réponses qu’elles apportent. Alors que la foi et la révélation sont les pierres angulaires de toute croyance, la raison est privilégiée en philosophie, où l’on utilise l’intelligence pour tenter de cerner les réponses les plus précisément possible. Socrate aurait dit : « Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. » […]

 

 

            Cela dit, je suis convaincu qu’une exposition modérée à la philosophie ne peut jamais nuire. Les capacités qu’elle induit – savoir reconnaitre une logique erronée, aller directement à l’essentiel avec précision – sont des savoir-faire « transférables » appréciés des employeurs. Un entrainement minimum peut également nous aider à construire de solides barrières d’immunité contre les ruses des baratineurs prétentieux et des vendeurs de foire. Mais ce ne sont pas les uniques raisons de s’y intéresser. Consciemment ou non, nous avons tous des croyances philosophiques. L’existence de Dieu en est une comme l’est également sa non-existence. Affirmer que le bien et le mal ne sont pas subjectifs en est une autre, aussi bien que celle qui dit le contraire. La plupart des gens passent leur vie sans même se rendre compte qu’ils possèdent ses croyances et ne s’interrogent jamais. « À quoi cela sert-il de se poser de telles questions? demanderez-vous. Après tout, la vie des personnes qui réfléchissent sur ces sujets n’est pas si éloignée de la vie de celles qui n’y pensent pas. À quoi bon? » Peut-être parce qu’une vie sans examen n’est qu’un sillon suivi bêtement, qui n’offre pas le libre choix d’alternatives conscientes.

 

           Si vous n’êtes toujours pas convaincus qu’un peu de philosophie soit une bonne idée, reconnaissez tout de même que, bénéfique ou non, c’est distrayant. Vous trouverez en philosophie quelques-unes des idées les plus curieuses, étonnantes, astucieuses et parfois dérangeantes que l’homme ait pu considérer. Voyez par vous-même…

 

Stephen Law

La Philosophie en 30 secondes